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Namibie: l’ami phacochere

8 October 2007, by Claire   

La fondation HARNAS est un refuge pour animaux située à 94 km de Gobabis, connue entre autres par sa célèbre marraine, Angelina Jolie. Harnas accueil de nombreux volontaires étrangers pour des périodes de 2 semaines a 3 mois dont la mission est de s’occuper des animaux et d’entretenir les équipements. Notre campement est juste devant les guépards et juste derrière les babouins mais le plus impressionnant est d’entendre toute la nuit les rugissements des lions. Nos nuits sont déjà bien agitées. Ma parano s’aggrave sévèrement en Afrique, je ne compte plus les « y a un bruit », « y a une bête » et quelques fois des nouveautés comme « le frein a main » ou «on nous vole la table ». Denis, lui, continue à descendre aux toilettes la nuit même lorsqu’une bête surgit en bas de l’échelle et se frotte à sa jambe, tintintintin, ce n’est que le chat qui surveille notre tente. Mais même de jour, on se tape de bon trip : Denis durant l’apéro : « monte a l’échelle ! », Claire (vive comme l’éclair): « Pourquoi faire ? », Denis : « MONTE A L’ECHELLE ». Bref, un énorme phacochère s’approche pour nous souhaiter la bienvenue. Denis se lance à l’assaut du phacochère avec une chaise mais ce qu’il ne sait pas … c’est que les chiens courent après les balles et que les phacochères se coincent la tête dans les chaises.

En nous promenant, nous assistons à un remake de jacques Villeret dans la soupe aux choux, version Harnas. Le langage extra-terrestre en Namibie signifie « à table » pour des centaines de bandits mangoustes. Les Wild dog attendent également l’heure du déjeuner impatiemment, en aboyant comme s’ils avaient avalés un jouet en caoutchouc style pouic-pouic, c’est étonnant ! Les volontaires viennent avec des pelles a leur enclos car ils creusent régulièrement des trous pour s’échapper. Les bat eared fox semblent tous gentils a cote des caracoles qui semblent toujours prêt a nous sauter dessus avec leurs oreilles pointues et leurs canines acérées. Quant au chat sauvage tacheté, il ressemble a s’y méprendre à un chat domestique. Un chien joue en compagnie de jeunes lions et une lionne a fait une dépression quelques jours quand son ami (un chien) est mort. Nos animaux préférés sont d’attachants suricates qui se dressent sur leurs 2 pattes de derrière en guise de sentinelle et creusent le sol à la recherche d’insectes. Harnas est un bel endroit pour la défense des animaux mais c’est dommage que depuis leur existence et leur soutient financier, on n’entrevoit pas vraiment de projets de retour à la vie sauvage. C’est difficile de le faire pour toutes les espèces, mais pourquoi pas pour les babouins ? C’est décevant, ici, de se limiter à une politique de super zoo.

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Avant de rendre notre 4*4, nous nous arrêtons à une vingtaine de kilomètre de Windhoek pour nous rendre chez Amani, un centre de réhabilitation pour félins. Ils possèdent un lion et une lionne qui vivent en captivité sur un très bel espace montagneux et ou les guépards sont nourris en quantité limitée pour les obliger à chasser par eux même sur leur territoire. Ils sont libres d’entrer et de sortir ainsi que leurs proies car les clôtures ne sont pas électrifiées. Dommage, qu’ils ne font pas camping, la vue est superbe. Nous dormons donc à la ferme de Melrose à 10km tenue par bushmen, non pas qu’il fasse parti de l’ethnie des bushmen mais c’est un vrai du bush. Il coupe les mauvaises herbes et creuse un escalier aux canifs ! C’est amusant de le voir le lendemain matin tout endimanché raconter ses histoires. Il nous explique comment les braconniers chassent les animaux pour les mettre ensuite dans un second véhicule ayant l’autorisation de transport du gibier mais pas d’armes à feu. Il propose également aux fermiers de venir lui-même avec des touristes tuer une bête sauvage qui s’en prend à leurs troupeaux en les indemnisant. L’intérêt est d’éviter que tous les animaux aux alentours ne soient tués par la même occasion par les fermiers, comme par exemple la mère, les petits…

Botswana sur 3 roues…

1 October 2007, by Claire   

Kasane se trouve à 10km de la frontière avec le Zimbabwe et 70km des chutes Victoria. Nous trouvons encore une fois le moyen de nous égarer mais attention pas de nous perdre. Une rapide promenade à travers la jungle amène directement aux bords des cataractes. Tous les touristes portent un imperméable sauf nous, pas forcement utile à Iguazu mais indispensable à Victoria. Nous sommes trempés. Les chutes d’eau déferlent de 122m de haut dans une gorge étroite sur une longueur impressionnante. Les chutes Victoria sont surnommées au Zimbabwe les chutes de la fumée du tonnerre. Le viaduc ferroviaire qui marque la frontière avec la Zambie est un site de prédilection au saut à l’élastique. Alors que le pays ne cesse de s’enfoncer dans la pauvreté, les prix à Victoria Falls sont aberrants. Nous sympathisons avec le gardien du camping qui nous propose gentiment son aide pour faire du change, mais nous avons peu de dépenses à faire et nous préférons les régler en pula (monnaie du Botswana). Le taux des bureaux de change est 4 fois supérieur à celui en vigueur mais 1/3 des billets échangés au black sont faux. Même dans cette enclave touristique, le supermarché est quasiment vide à l’exception du rayon alcool. On n’ose imaginer le reste du pays. Le grondement des chutes berce notre unique nuit au Zimbabwe.

Nous sommes au centre de nulle part quand la voiture décide de flotter. Je me déporte immédiatement sur un terrain en gravier et ralentis doucement. L’arrêt total se fait à l’aide du frein à main car la pédale ne répond plus. Denis sort du véhicule et aperçoit une roue au sol. Denis : « c’est bizarre quelqu’un a perdu une roue », stupéfait : « c’est la notre ». Nous cherchons en vain les écrous et les boulons mais nous avons du les perdre depuis un moment. Conclusion, le moyeu a tapé le sol, le capot de protection est parti, les mâchoires de frein sont explosées. Kasane se trouve à 150km en arrière et Nata, la prochaine ville, a 150 km devant. Il n’y a rien entre les 2, ni âme qui vive ni réseau téléphonique. Apres 40 minutes, un couple de sud-africain s’arrête. Denis expose la situation, Michael et Glynis regarde attentivement notre problème et nous disent « on va tout réparer ». On en reste sidéré. Par miracle, il se trouve que Michael est mécanicien et qu’il ne part jamais sans tout son matériel. Au bout de 3h, il a redressé le capuchon de protection, remis en place des ressorts et les mâchoires de frein, récupéré des boulons et écrous sur les autres roues. Il nous propose de conduire lui-même la voiture jusqu’à Nata pour s’assurer que la réparation tienne la route. Nous apprenons qu’ils veulent se reconvertir dans le tourisme et organiser des expéditions en Afrique austral. Business apparemment très juteux. Hormis qu’ils transportent un véritable garage avec eux, ils ne voyagent jamais également sans leur livre des oiseaux et leur ordinateur pouvant en reproduire tous les sons (c’est mieux pour les appeler). Nata est un paradis pour ornithologue mais nous sommes plutôt occuper à nos problèmes mécaniques.

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Le garage Nissan le plus proche se trouve à Francistown soit à 180km, pas du tout dans notre direction et le remorquage coute une fortune. Nous nous rendons donc nous même à Maun (300km) en vérifiant les pneus tous les 100km. L’unique intérêt de Maun est sa situation en bordure du delta de l’Okavango et de la réserve de Moremi. Nous oublions très vite de nous rendre à Moremi a cause de l’état douteux de notre voiture même après réparation et aussi en raison des prix prohibitifs des Game drive. Le top serait de parcourir Moremi jusqu’à Chobe par les pistes à l’intérieur des 2 réserves mais il faut prévoir un bon 4*4, un GPS, de l’eau et de la nourriture. Une prochaine fois ! Le delta de l’Okavango est accessible à une élite prête à dépenser un minimum de 300 euro la nuit par personne. C’est soit disant le rêve, à ce prix là… c’est le minimum. Du coup, nous profitons d’une excursion à la journée qui propose un tour en avion de 15 minutes pour aller faire une ballade en mokoro suivi d’un pique- nique. Le mokoro est une pirogue qui permet de naviguer dans les marais de l’Okavango en caressant de la main les roseaux et les nénuphars. Les hippopotames crées des canaux mais mieux vaut ne pas les rencontrer. Nous marchons sur une ile durant 1h avant le lunch pour approcher la faune et la flore. Heureusement, c’est l’heure de la sieste pour la faune et nous n’avons pas à suivre les conseils de notre guide ! Soit selon le type de rencontre :

- Un buffle solitaire: grimper a un arbre ou une termitière, ou au préalable se cacher derrière, au cas ou il n’aurait pas vu. (1. Je ne cours pas vite, 2. Je ne sais pas monter aux arbres)
_ Un éléphant (mauvaise vue): ne pas se mettre dans le vent, se cacher derrière un buisson (1. Il est ou le vent ?)
_ Un lion : Ne jamais courir, ne pas crier, le regarder dans les yeux, attendre qu’il s’en aille. (1. je hurle, 2. je hurle, 3. Je pars en courant et je hurle)
_ Un léopard : Idem que le lion mais ne pas le regarder dans les yeux.
Aucunes des règles n’est valables pour le crocodile, permission de partir en criant dans la nature.

C’est donc avec soulagement que nous nous contentons d’analyser les empreintes et les excréments des animaux. Seul au loin quelques zèbres accompagnent des girafes et un éléphant traverse les marécages, ouf ! Nous croisons aussi des touristes aux yeux cernés de fatigue car un éléphant s’est promené toute la nuit autour de leur tente et a bloqué l’entrée de la cuisine à l’heure du petit déjeuner.

Nous repartons en direction de la Namibie par la transkalahari highway, en route vers l’infini et au- delà et encore plus loin. La route semble interminable. Le désert du Kalahari est la région des bushmen, un peuple a l’origine nomade, qui connaît extrêmement bien la nature. C’est l’un des premiers peuples d’Afrique mais de moins en moins vivent de poursuite de gibiers et de cueillette. Un certain nombre se sont installes autours de Ghanzi et tentent de préserver leur culture. Avant d’atteindre la frontière, nous crevons une nouvelle fois … jamais plus Nissan.

Out of Africa in Botswana.

27 September 2007, by Claire   

Au Botswana, la nature s’immisce partout même en ville. A Kasane, 3 phacochères font leur show sur le parking tandis qu’1h avant un éléphant traversait la station essence. Afin de profiter au mieux de Chobe, nous profitons d’un Game drive (safaris) de 6 à 9h, soit 15 euro de plus qu’en indépendant. Nous sommes 4 touristes dans le 4*4 ouvert ou des couvertures nous attendent pour s’aventurer à l’aube dans la réserve. Dès l’entrée notre guide entend des babouins s’agiter, il nous explique qu’ils ont sans doute peur de quelque chose et foncent dans leur direction. L’alerte est réelle, il s’agit de 2 lionnes et 6 jeunes avançant tranquillement dans notre direction sous les prrrfff des impalas immobiles à 100m. Elles surveillent les lionnes prêtent à bondir au dernier moment, sachant pertinemment qu’elles sont bien plus rapides que les gros félins. Les lionnes ne bénéficient plus de l’effet de surprise et de dépit vont s’abreuver à la rivière en frôlant notre véhicule. Sensation garantie ! Un petit lion s’amuse avec un dindon rigolo mais lui ne trouve pas ça très drôle et préfère prendre la fuite. Un peu plus loin le long de la rive, un jeune léopard commence sa nuit perché dans un arbre avec les restes de son diner. Il aura sans doute volé son bout de viande de koudou aux lionnes, (peut être celles précédemment), car il s’attaque à de plus petite proie normalement. Le léopard est un animal nocturne, solitaire, très difficile à apercevoir le jour. Il a pour habitude de hisser ses proies en haut de la fourche d’un arbre pour éviter qu’on ne lui vole. C’est une très belle bête. A quelques kilomètres, une large fumée s’échappe au loin sur la plaine, une troupe d’une centaine de buffles courent vers nous, poursuivis selon notre guide par des lionnes. Mais nous sommes trop loin pour voir exactement le pourquoi de l’agitation. Le début du troupeau commence à ralentir et traverse devant nous, suivi ensuite par l’ensemble du groupe. Ils ne nous manquent que le rhinocéros à notre liste des Big Five (lion, léopard, éléphant, buffle, rhino). Notre guide est vraiment intéressant et nous livre moult informations sur tous les autres animaux (bushbuck, koudous, waterbuck, girafes).

En soirée, nous faisons une petite balade en bateau sur la rivière. Selon les années et les pluies, le Chobe rentre dans le Zambèze ou à l’inverse le Zambeze rentre dans le Chobe. Le guide commence à s’arrêter pour observer chaque oiseau (ibis, pélican, martin pécheur, etc…) à la joie des 4 touristes sud africains. La rivière semble abondante en machine de guerre : le crocodile. Une colonie d’hippopotames, dans un coma profond, baille ici et là sur une berge mais nous sommes la seule embarcation a ne pas s’en approcher. Dommage, il faut se contenter de les observer de loin, aurions nous le plus prudent des guides… Juste avant le coucher de soleil, un éléphant décide sans doute que l’herbe est meilleure de l’autre côté de la rivière. A notre grande surprise, il commence à traverser. Notre petite embarcation à fond plat est très, très, très proche de lui, nos cœurs s’arrêtent un instant lorsqu’il se retourne pour nous fixer. Il doit mettre parfois les pattes dans un trou, car alors il continue en éléphant sous marin faisant des bulles, la trompe en l’air. Il monte la berge d’en face, prend la pause photo coucher du soleil et part se restaurer en Namibie.

La réserve de Chobe est tellement exceptionnelle que nous avons du mal à en partir. Nous repartons en Game drive pour en profiter encore, sans se soucier de conduire. Nous sommes en plein dans les horaires des éléphants et cette fois ci bien plus décontractés. Notre guide précise qu’il y a déjà eu des accidents mortels de personnes sortant de leur véhicule, comme par exemple pour enclencher la fonction 4*4 (ça me rappelle quelque chose !) ou pour donner des explications. Bref, il ne faut sortir du véhicule sous aucun prétexte, les animaux passent leur vie à jouer à cache-cache, ils sont donc maitre en la matière. Les éléphants ne sont pas agressifs dans cette petite partie du parc, les ados montrent seulement des signes d’intimidation mais rien de plus (ouf). C’est étonnant de constater le silence des animaux, rien à voir avec la terre qui tremble et les barrissements des films. Les troupeaux sont encore tous descendus à la rivière et certains passent tous près du véhicule. Parfois, nous pourrions quasiment les toucher en tendant les mains. En repartant à 18h, nos lionnes se réveillent … la brousse est un film sans fin.

Botswana, ils sont partout…

, by Claire   

Avant le passage de la frontière avec le Botswana, le pont qui traverse le Chobe ou le Zambèze, nous cachons toutes nos denrées alimentaires. Les contrôles sanitaires interdisent tous les produits frais d’origine animale et les roues des véhicules ainsi que les chaussures doivent être trempées dans la fosse prévue à cet effet. Ils vérifient les frigos, les glacières et les sacs de course. Heureusement, ni le beurre caché dans nos sacs ni nos semelles n’ont fondus. Les services d’immigrations ne nous demandent même pas les papiers d’assurance du véhicule payés en supplément à la location pour le Botswana.

A quelques kilomètres de la frontière se trouve une porte d’entrée à la réserve de Chobe, qui selon la carte satellite Shell de français rencontré auparavant, mène à la ville de Kasane. Donc sans plus de questions, nous nous lançons à travers Chobe au lieu de suivre la route. Voila donc l’aventure de 2 guignols partant sans carte, sans GPS, sans préparations, sans fard, en gros sans savoir quoique se soit sur ce parc. Dans ce cas, on n’apprend très vite et on panique beaucoup. A peine 100m après l’entrée, nous nous enlisons … les guignols. Ah bon il faut se mettre en 4*4 ! Denis sans peur et sans reproche, surtout sans fard, descend de véhicule et enclenche la position 4*4 sur les roues. J’actionne le 4H et passe la marche arrière. Nous voila reparti mais la piste semble bien ensablée, ça promet d’être du sport. Heureusement, il ne s’agit que de quelques passages difficiles. A notre grande surprise, ahahah, il n’y a aucunes flèches, aucuns panneaux de direction mais pleins de pistes qui partent de chaque côté. Notre stratégie est donc d’aller toujours tout droit. En route, nous sentons une forte odeur désagréable, un jeune éléphant vient de mourir de l’anthrax. Tout se passe bien jusqu’à ce que je me rende compte d’un problème avec le levier de vitesse. C’est aussi au même moment que les éléphants décident de prendre leurs bains dans le fleuve.

Première alerte : Denis repère un éléphant qui sort des arbustes pour traverser la piste, puis un 2eme puis un 3eme. Les éléphants prennent tout leur temps, ce qui fait dire à Denis « j’espère qu’ils ne sont pas 36 comme ça ». La bonne blague ! J’essaye de redémarrer mais impossible d’actionner la moindre vitesse. Denis passe la seconde en force. Mais je pile à quelques mètres, une trentaine d’éléphants traversent. C’est de pire en pire, les vitesses se bloquent, je suis incapable d’en passer une seule. Denis force au risque de tout casser. En s’approchant de la berge, la plaine est recouverte de troupeaux d’éléphants, il y en a des centaines à l’horizon. C’est la panique, nous ne pouvons plus qu’enclencher la seconde et la marche arrière et nous sommes dans la réserve qui détient le record de densité d’éléphants. Ils se regroupent principalement près du fleuve, soit exactement sur notre chemin.

La piste devient de plus en plus sablonneuse. Je m’efforce de rester dans les traces, tout en accélérant pour ne pas caler. Denis : « regarde tout droit, regarde tout droit », « reste dans les traces, reste dans les traces ». Je panique de plus en plus, les éléphants sont partout. Et s’ils chargeaient ? Nous passons la trouille au ventre à côté de chaque buisson. Les éléphants se dissimulent plutôt bien malgré leur nombre et leur taille. Ca donne beaucoup de aaaaaaaaaaaah comme lorsque nous passons près d’arbustes ou se tient une réunion au sommet. 30 éléphants serrés sous un arbre, les uns contre les autres, nous regardent passer en criant à 5m d’eux. Un male en train d’avancer, barrie et tape du pied à notre passage. Ils nous ont surpris, nous les avons surpris. Ils doivent se dire qu’ils sont de plus en plus malades les touristes cette année. Nous nous enlisons encore une fois mais cette fois ci, c’est plus sérieux ! Il faut bien 30 minutes à Denis pour enclencher la seconde, je positionne le véhicule en 4L et réussis à sortir le 4*4. 1 km plus loin, Denis : « tu t’arrêtes maintenant ou dans 30 sc. », un troupeau traverse encore la piste. C’est un soulagement de sortir. Le vehicule fonctionne à nouveau normalement en 2 roues motrices. L’embrayage n’a pas cramé.

Namibie vers l’infini et au-delà…

24 September 2007, by Claire   

Apres le petit déjeuner en terrasse, en contemplant la vue exceptionnelle du haut de l’Opuwo Country Lodge, nous partons vers Otjitotongwe à 24 km de Kamanjab, une halte recommandée par une famille nantaise. En chemin, 2 autruches se baladent tranquillement le long de la route, quelques troupeaux de vaches me laissent gentiment passer et les quelques villages semblent déserts. Une femme et son bébé se joignent à nous pour se rendre à 30 km de là. Il n’y a pas beaucoup de circulation et nombreux sont ceux qui marchent ou attendent de longues heures avant d’être pris en stop ou en taxi-brousse. Nous arrivons vers 13h devant la grille de la cheetah farm (ferme aux guépards) ou le propriétaire nous accueille gentiment. Par chance, nous sommes les 1er visiteurs sur les 60 qu’il attend pour la nuit (2 groupes). Il en profite donc pour nous présenter d’emblée ses 3 guépards apprivoisés vivant chez lui depuis leur naissance. Maintenant ils ne dorment plus dans la chambre mais restent dans le jardin. Les guépards sont classés dans les espèces en voie de disparition et souffrent de la concurrence avec les autres prédateurs. Il s’agit plus d’un problème de territoire que de gibiers. Hormis qu’ils détiennent le record de vitesse sur une courte distance, ceux sont aussi les plus faibles des félins. Moi, j’ai déjà peur des chiens et des chats, alors caresser un guépard, c’est un exploit ! Denis, lui, a dorénavant un ami aux longues canines et à la langue râpeuse. Le plus jeune des 3, lui lèche les jambes du mollet au genou, le spécial exfoliant de la maison aussi efficace qu’un gant de crin ! 

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Vers 16, tous les touristes montent dans 4 véhicules à bétail pour rentrer dans la réserve des guépards semi-sauvages. Les animaux vivent en quasi-liberté mais sont nourris tous les soirs. A l’entrée, le convoi se divise en 2 et 5 guépards nous suivent tout au long du parcours au milieu de la brousse et des herbes couleur des blés. Au milieu d’une plaine, une dizaine de guépards attendent impatiemment leur festin. Ils s’agitent nerveusement, passent entre les vehicules et bondissent pour récupérer une part que leur lance le propriétaire et son fils. Chacun a le droit à une part même celui à l’œil crevé. De toute façon, il est hors de question de partager. Le guépard vraiment une belle bête à la fois gracieuse et à la fois féroce. C’est un spectacle à sensation forte ! On pourrait oublier assez vite qu’il s’agit d’un animal sauvage et carnivore devant ce gros matou attendrissant. Un peu à l’image des pandas auxquelles on aurait envie de faire un gros câlin, mais non … C’est une chance unique d’approcher de si beaux félins.

A peine entré dans le parc national d’Etosha à 2h de route, les silhouettes de 5 girafes se dressent au loin et les springboks gambadent parmi les zèbres de burchell. QCM : Pourquoi, le zèbre porte des rayures blanches et noires ?? 1. solution thermique, 2.camouflage, 3. Va savoir. Apres avoir réglé le droit d’entrée, nous franchissons le camp de base d’Okaukuejo pour nous aventurer vers le point d’eau Wolfsness. Soudain, 3 éléphants apparaissent, hésitent longuement et traversent la route tranquillement à la file indienne, 100m devant nous. La réserve d’Etosha à une végétation bien différente d’une zone à une autre, certains endroits devraient s’appeler « terre de désolation ». C’est plat, aride voir sinistre. Beaucoup de points d’eau sont à sec donc les animaux affluents en masse là ou ils peuvent en trouver. A 15h sur le point d’eau de Nebrowni, des centaines d’animaux, zèbres, oryx, springboks, autruches viennent se désaltérer sans se soucier des 2, 3 voitures de touristes les espionnant. Les oryx font la loi avec leur corne impressionnante mais les zebres se massent pour leur faire front. Tout le monde s’agite, s’intimide à tour de rôle. Les springboks, eux, n’osent pas rentrer dans la mêlée, les autruches, elles, font leur vie, rien à cirer des autres. C’est un spectacle incroyable !

Le lendemain, nous retrouvons nos girafes au même endroit que la veille mais là elles ont appelées du renfort. Elles sont 15 à nous scruter, jeter un coup d’œil tout en mangeant des feuilles d’acacias, jamais elles ne nous perdent de vue. Leurs cornes osseuses sont chauves pour les males (ahahah) et poilues pour les femelles. Puis, un éléphant nous montre son postérieur. Nebrowni est nettement plus calme par contre les troupeaux de zèbres se dirigent vers l’est. Les animaux sont nombreux à Gemsbokvlakte. Au moment de s’écarter, de nouveaux arrivants se dirigent vers nous, il s’agit de plusieurs grands koudous. Les femelles koudous ont de grandes oreilles et les males de grandes cornes entourbillonnées avec des rayures blanches sur le flanc. Le moment fort de la journée est à 14h au point d’eau de Goas au centre de la réserve, vers Halali. Des girafes sont en train de boire difficilement avec leurs pattes arquées, les regards scrutant l’horizon quand au même moment 10 éléphants se baignent un peu plus loin et se font des bains de boue. Nous nous approchons du bain des éléphants, un male se retourne et s’immobilise longuement en nous regardant tandis qu’un éléphanteau s’éclate dans l’eau et qu’un autre se tourne et retourne dans la boue. Moi, le male de devant commence à m’inquiéter à nous regarder comme ça, je recule petit à petit pour lui témoigner notre respect. Il parait que la marche avant est un signe d’hostilité, alors… Denis lui sans soucis : « attends, encore une photo ». Quelques instants plus tard, le chef avance, toute la troupe le suit et soulagement, nous ne sommes pas sur leur passage. Apres le chiffre 50, nous arrêtons de compter les girafes, tout comme les zebres, impalas, koudous. A la sortie, tous pleins de petits dik- dik bordent la route.

Nous nous arrêtons faire des courses à Grootfontein avant d’attaquer la ligne droite qui mène à Rundu. En route pour l’infini et au delà : 6 virages sur 200 km dont 5 virages sur 50 km et encore si l’on peut parler de virages. Dommage que je ne puisse caler l’accélérateur sur 120, mais c’est passé relativement vite. De nouveaux panneaux de signalisation inconnus dans le code de la route français, ici et la des vendeurs de petit bois, des réunions de villages sous les arbres, des huttes rondes en bois, tout agrémente notre curiosité et notre trajet. C’est quasiment l’heure de déjeuner lorsque nous arrivons à destination. Selon le guide, Where’s to stay, trouvé à l’aéroport, un camping/lodge se trouve au bord du Kavango qui deviendra un peu plus loin l’Okavango. La chance aura voulue qu’on se trompe et qu’on trouve le Samsitu Riverside Camp (10 euro), soit 4 places aménagées par un couple aimant le camping et en bordure de rivière. Les sanitaires sont une douillette salle de bains, le gardien nommé Mathias nous apporte du bois et par la même prépare notre feu. Les grillades sont encore meilleures dans ce petit coin perdu au bord du Kavango, devant un romantique coucher de soleil. Le lendemain à l’aube, super tôt, entre 7 et 8h du matin, Mathias nous apporte des gilets de sauvetage pour faire un petit tour en canoë. C’est ainsi que nous suivons les propriétaires (allemands ou hollandais) dans les eaux internationales, à la découverte des oiseaux endémiques à la région. Nous aurions pu accoster l’Angola en kayak mais nous nous contentons de saluer les pêcheurs sur la rive. D’ailleurs certains tapent la discute longuement d’une rive à une autre. On regarde, on écoute, le temps s’arrête.

 

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La halte suivante est au début de la bande de Caprivi, non loin de Bagani au n’gepi camp en face d’une réserve naturelle. La 1ere activité de ce camping est l’Ablution Tour ou le tour des toilettes. Notre douche préférée est celle avec les robinets cachés dans les troncs d’arbres et la paume de douche accrochée dans un arrosoir en haut d’une branche d’arbre ou celle avec la baignoire en taule grise donnant à 180 degrés sur la rivière Kwando. A essayer absolument le Trône du King … avec un peu de chance, les éléphants vont boire à la rivière sur la rive d’en face au même moment. C’est à peu près vers minuit qu’un vacarme nous réveille, une famille d’hippopotames décide de se jeter à l’eau. Denis sort pour essayer de les voir mais il fait trop noir. Une légende africaine raconte que l’hippopotame a honte de son corps et ne sort de l’eau que la nuit. Il a hérité des restes de la création, soit des petites oreilles, des petites pattes et un gros corps. Ses yeux, ses oreilles, son nez sont au même niveau, lui permettant de mettre la tête à la surface de l’eau. C’est aussi l’animal qui cause le plus d’accidents en Afrique, ne jamais se mettre entre lui et l’eau.

La bande de Caprivi se poursuit un peu plus loin que prévu. Il nous est impossible de faire le moindre détour. La station essence de Kongola est à sec, le ravitaillement est prévu dans la semaine à venir (peut-être). Heureusement, nous ne sommes pas coincés. Il s’en est fallu de peu ! Notre réservoir d’essence est tout juste suffisant pour continuer jusqu’à Katima Mulilo. C’est une grande ville à quelques kilomètres de la Zambie et quelques Kilomètres du Botswana. Apres quelques difficultés d’orientation, nous installons notre campement au Kalizo Lodge en bordure du Zambèze qui se précipite non loin dans les chutes Victoria. Le Zambèze est déjà assez large à cet endroit et le courant assez fort. Les poissons ne cessent de faire des bonds, le camping comporte une boutique de pêche avec le palmarès des prises allant jusqu’à des records de 8 a 10kg pour un tiger fish. Le coucher de soleil nous laisse encore une fois rêveur.