Apres le petit déjeuner en terrasse, en contemplant la vue exceptionnelle du haut de l’Opuwo Country Lodge, nous partons vers Otjitotongwe à 24 km de Kamanjab, une halte recommandée par une famille nantaise. En chemin, 2 autruches se baladent tranquillement le long de la route, quelques troupeaux de vaches me laissent gentiment passer et les quelques villages semblent déserts. Une femme et son bébé se joignent à nous pour se rendre à 30 km de là. Il n’y a pas beaucoup de circulation et nombreux sont ceux qui marchent ou attendent de longues heures avant d’être pris en stop ou en taxi-brousse. Nous arrivons vers 13h devant la grille de la cheetah farm (ferme aux guépards) ou le propriétaire nous accueille gentiment. Par chance, nous sommes les 1er visiteurs sur les 60 qu’il attend pour la nuit (2 groupes). Il en profite donc pour nous présenter d’emblée ses 3 guépards apprivoisés vivant chez lui depuis leur naissance. Maintenant ils ne dorment plus dans la chambre mais restent dans le jardin. Les guépards sont classés dans les espèces en voie de disparition et souffrent de la concurrence avec les autres prédateurs. Il s’agit plus d’un problème de territoire que de gibiers. Hormis qu’ils détiennent le record de vitesse sur une courte distance, ceux sont aussi les plus faibles des félins. Moi, j’ai déjà peur des chiens et des chats, alors caresser un guépard, c’est un exploit ! Denis, lui, a dorénavant un ami aux longues canines et à la langue râpeuse. Le plus jeune des 3, lui lèche les jambes du mollet au genou, le spécial exfoliant de la maison aussi efficace qu’un gant de crin !

Vers 16, tous les touristes montent dans 4 véhicules à bétail pour rentrer dans la réserve des guépards semi-sauvages. Les animaux vivent en quasi-liberté mais sont nourris tous les soirs. A l’entrée, le convoi se divise en 2 et 5 guépards nous suivent tout au long du parcours au milieu de la brousse et des herbes couleur des blés. Au milieu d’une plaine, une dizaine de guépards attendent impatiemment leur festin. Ils s’agitent nerveusement, passent entre les vehicules et bondissent pour récupérer une part que leur lance le propriétaire et son fils. Chacun a le droit à une part même celui à l’œil crevé. De toute façon, il est hors de question de partager. Le guépard vraiment une belle bête à la fois gracieuse et à la fois féroce. C’est un spectacle à sensation forte ! On pourrait oublier assez vite qu’il s’agit d’un animal sauvage et carnivore devant ce gros matou attendrissant. Un peu à l’image des pandas auxquelles on aurait envie de faire un gros câlin, mais non … C’est une chance unique d’approcher de si beaux félins.
A peine entré dans le parc national d’Etosha à 2h de route, les silhouettes de 5 girafes se dressent au loin et les springboks gambadent parmi les zèbres de burchell. QCM : Pourquoi, le zèbre porte des rayures blanches et noires ?? 1. solution thermique, 2.camouflage, 3. Va savoir. Apres avoir réglé le droit d’entrée, nous franchissons le camp de base d’Okaukuejo pour nous aventurer vers le point d’eau Wolfsness. Soudain, 3 éléphants apparaissent, hésitent longuement et traversent la route tranquillement à la file indienne, 100m devant nous. La réserve d’Etosha à une végétation bien différente d’une zone à une autre, certains endroits devraient s’appeler « terre de désolation ». C’est plat, aride voir sinistre. Beaucoup de points d’eau sont à sec donc les animaux affluents en masse là ou ils peuvent en trouver. A 15h sur le point d’eau de Nebrowni, des centaines d’animaux, zèbres, oryx, springboks, autruches viennent se désaltérer sans se soucier des 2, 3 voitures de touristes les espionnant. Les oryx font la loi avec leur corne impressionnante mais les zebres se massent pour leur faire front. Tout le monde s’agite, s’intimide à tour de rôle. Les springboks, eux, n’osent pas rentrer dans la mêlée, les autruches, elles, font leur vie, rien à cirer des autres. C’est un spectacle incroyable !
Le lendemain, nous retrouvons nos girafes au même endroit que la veille mais là elles ont appelées du renfort. Elles sont 15 à nous scruter, jeter un coup d’œil tout en mangeant des feuilles d’acacias, jamais elles ne nous perdent de vue. Leurs cornes osseuses sont chauves pour les males (ahahah) et poilues pour les femelles. Puis, un éléphant nous montre son postérieur. Nebrowni est nettement plus calme par contre les troupeaux de zèbres se dirigent vers l’est. Les animaux sont nombreux à Gemsbokvlakte. Au moment de s’écarter, de nouveaux arrivants se dirigent vers nous, il s’agit de plusieurs grands koudous. Les femelles koudous ont de grandes oreilles et les males de grandes cornes entourbillonnées avec des rayures blanches sur le flanc. Le moment fort de la journée est à 14h au point d’eau de Goas au centre de la réserve, vers Halali. Des girafes sont en train de boire difficilement avec leurs pattes arquées, les regards scrutant l’horizon quand au même moment 10 éléphants se baignent un peu plus loin et se font des bains de boue. Nous nous approchons du bain des éléphants, un male se retourne et s’immobilise longuement en nous regardant tandis qu’un éléphanteau s’éclate dans l’eau et qu’un autre se tourne et retourne dans la boue. Moi, le male de devant commence à m’inquiéter à nous regarder comme ça, je recule petit à petit pour lui témoigner notre respect. Il parait que la marche avant est un signe d’hostilité, alors… Denis lui sans soucis : « attends, encore une photo ». Quelques instants plus tard, le chef avance, toute la troupe le suit et soulagement, nous ne sommes pas sur leur passage. Apres le chiffre 50, nous arrêtons de compter les girafes, tout comme les zebres, impalas, koudous. A la sortie, tous pleins de petits dik- dik bordent la route.
Nous nous arrêtons faire des courses à Grootfontein avant d’attaquer la ligne droite qui mène à Rundu. En route pour l’infini et au delà : 6 virages sur 200 km dont 5 virages sur 50 km et encore si l’on peut parler de virages. Dommage que je ne puisse caler l’accélérateur sur 120, mais c’est passé relativement vite. De nouveaux panneaux de signalisation inconnus dans le code de la route français, ici et la des vendeurs de petit bois, des réunions de villages sous les arbres, des huttes rondes en bois, tout agrémente notre curiosité et notre trajet. C’est quasiment l’heure de déjeuner lorsque nous arrivons à destination. Selon le guide, Where’s to stay, trouvé à l’aéroport, un camping/lodge se trouve au bord du Kavango qui deviendra un peu plus loin l’Okavango. La chance aura voulue qu’on se trompe et qu’on trouve le Samsitu Riverside Camp (10 euro), soit 4 places aménagées par un couple aimant le camping et en bordure de rivière. Les sanitaires sont une douillette salle de bains, le gardien nommé Mathias nous apporte du bois et par la même prépare notre feu. Les grillades sont encore meilleures dans ce petit coin perdu au bord du Kavango, devant un romantique coucher de soleil. Le lendemain à l’aube, super tôt, entre 7 et 8h du matin, Mathias nous apporte des gilets de sauvetage pour faire un petit tour en canoë. C’est ainsi que nous suivons les propriétaires (allemands ou hollandais) dans les eaux internationales, à la découverte des oiseaux endémiques à la région. Nous aurions pu accoster l’Angola en kayak mais nous nous contentons de saluer les pêcheurs sur la rive. D’ailleurs certains tapent la discute longuement d’une rive à une autre. On regarde, on écoute, le temps s’arrête.

La halte suivante est au début de la bande de Caprivi, non loin de Bagani au n’gepi camp en face d’une réserve naturelle. La 1ere activité de ce camping est l’Ablution Tour ou le tour des toilettes. Notre douche préférée est celle avec les robinets cachés dans les troncs d’arbres et la paume de douche accrochée dans un arrosoir en haut d’une branche d’arbre ou celle avec la baignoire en taule grise donnant à 180 degrés sur la rivière Kwando. A essayer absolument le Trône du King … avec un peu de chance, les éléphants vont boire à la rivière sur la rive d’en face au même moment. C’est à peu près vers minuit qu’un vacarme nous réveille, une famille d’hippopotames décide de se jeter à l’eau. Denis sort pour essayer de les voir mais il fait trop noir. Une légende africaine raconte que l’hippopotame a honte de son corps et ne sort de l’eau que la nuit. Il a hérité des restes de la création, soit des petites oreilles, des petites pattes et un gros corps. Ses yeux, ses oreilles, son nez sont au même niveau, lui permettant de mettre la tête à la surface de l’eau. C’est aussi l’animal qui cause le plus d’accidents en Afrique, ne jamais se mettre entre lui et l’eau.
La bande de Caprivi se poursuit un peu plus loin que prévu. Il nous est impossible de faire le moindre détour. La station essence de Kongola est à sec, le ravitaillement est prévu dans la semaine à venir (peut-être). Heureusement, nous ne sommes pas coincés. Il s’en est fallu de peu ! Notre réservoir d’essence est tout juste suffisant pour continuer jusqu’à Katima Mulilo. C’est une grande ville à quelques kilomètres de la Zambie et quelques Kilomètres du Botswana. Apres quelques difficultés d’orientation, nous installons notre campement au Kalizo Lodge en bordure du Zambèze qui se précipite non loin dans les chutes Victoria. Le Zambèze est déjà assez large à cet endroit et le courant assez fort. Les poissons ne cessent de faire des bonds, le camping comporte une boutique de pêche avec le palmarès des prises allant jusqu’à des records de 8 a 10kg pour un tiger fish. Le coucher de soleil nous laisse encore une fois rêveur.