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Pourquoi les toilettes n’ont pas de verrou en Argentine?

Wednesday, September 19th, 2007   

La frontière entre la Bolivie et l’argentine marque le passage d’un monde à un autre. Tout d’abord, tout semble plus moderne, plus simple et plus cher, mais aussi bien plus proche de l’Europe que de l’Amérique du sud. Il est très facile de voyager grâce aux multiples compagnies de bus qui desservent quotidiennement toutes les grandes villes du pays. Nous rejoignons Salta ou les orangers de la place centrale profitent de la douceur du climat et ou notre activité principale est le farniente en terrasse avec du vrai bon café, de vrai jus de fruits, des petits gâteaux ou des croissants. Le plus difficile est de se faire au rythme argentin qui suit le modèle espagnol, tout ferme de 12/13h jusqu’à 16/17h et les restaurants n’ouvrent qu’à 20h. Les élèves de classe primaire peuvent aller en cours le matin ou l’après-midi ou même le soir jusqu’à minuit. Il faut donc s’habituer a reporter une montre.

Toutes les distances sont impressionnantes mais les bus de nuit sont vraiment confortables, ça équivaut bien à la classe affaire d’un avion, d’ailleurs chaque bus disposent d’un steward qui sert le diner et le petit déjeuner, plus rafraichissement voir même du champagne. Les sièges s’inclinent soit comme un lit (cama) soit comme une chaise longue (semi-cama), bref c’est le top et bien plus économique que l’avion. Nous partons avec la compagnie Andesmar pour Mendoza (16h de trajet), ou le steward nous propose un bingo avant le film du soir. Denis apprend donc les chiffres en espagnol et Bingo … une bouteille de blanc offerte. Nous arrivons donc le lendemain matin sans courbatures, suffisamment reposés avec en plus de nos sacs, une bouteille de vin sous le bras. C’est bien l’hiver à Mendoza, le temps est gris et pluvieux, les terrasses sont désertes, certains nous demande même pourquoi nous sommes là. C’est la très basse saison touristique. La frontière avec le Chili par le col de la Cumbre n’a été ouverte que 3 jours dans le mois en raison du mauvais temps, la région possède des stations de ski et fait le bonheur des alpinistes avec l’Aconcagua à presque 7 000 m. Nous nous profitons juste de ne rien faire, dormir, manger et boire. Une bonne astuce consiste à se rendre dans un bon restaurant, commander un bon verre de vin, en boire la moitié et attendre que le serveur renverse l’autre moitié. La soirée s’achève par le pressing, le vin et le diner offert.

C’est par un épais brouillard que nous partons pour une tournée dans les vignobles de Mendoza, dans la zone géographique de Maipu et Lujan Cuyo. Il n’existe pas encore d’Appellation d’origine contrôlée ou de terroirs viticoles comme chez nous. Le matin commence par une dégustation très conviviale dans un petit domaine, la Familia Cassone avec leur très bon vin puis par une visite guidée chez Achaval Ferrer, un grand nom du vin argentin qui détient des vignes sur plusieurs altitudes. La visite est intéressante mais la bouteille est hors de prix (70eur) surtout que nos papilles ne l’apprécient pas vraiment. Nous nous rendons ensuite au restaurant de Ruca Malen pour marier mets et vins ou 5 plats nous sont présentés accompagnés d’un verre de la maison qui associe arômes et saveurs. La vue sur les Andes est très belle, tout est très bon même si l’on ne finit pas tous nos verres pour éviter d’être complètement fonfon et d’entonner des chansons paillardes. En fin de journée, avant de rentrer en ville, nous nous arrêtons chez Tempus Alba ou un jeune chilien nous fait le tour du propriétaire. Les cuves brillent et sont prêtes pour la prochaine cuvée. L’ambiance est très décontractée, très moderne, très lounge. La dégustation consiste en 3 vins au choix, notre sélection se porte sur le shiraz, le merlot et leur grand cru qui remporte notre médaille d’or, tout simplement divin. Comme la journée fut un peu fatigante, le repas du soir se fait à l’eau. Le Chili a déjà très bonne réputation, l’Argentine ne devrait pas tarder à suivre. Nous sommes conquis.

18h en car de nuit pour découvrir qu’il ne fait pas plus beau à Buenos Aires, bien au contraire ! Pour dire, il n’a pas neigé à Buenos Aires depuis 1918, il aura donc fallu notre arrivée. C’est sous les flocons de neiges que nous nous rendons au célébrissime café Tortoni pour assister à notre premier spectacle de Tango. Les prix des shows de tango varient entre 35 euro pour une salle réputée et 7 à 8 euro dans un café sans le repas. Bien qu’il neige et qu’il soit difficile de trouver un taxi, la salle est pleine et en majorité constituée de touristes brésiliens. La troupe est formée d’un orchestre, un maitre de cérémonie/chanteur, 2 gauchos et des danseurs. Le rythme est assez rapide, nous l’aurions imaginé plus lent. Les hommes sortent tout droit d’un film d’Al Capone entre l’élégance et le machisme du latin lover qui claquent des doigts et lancent leur regard ténébreux sur les plus féminines des femmes. Les hommes doivent apprendre à porter le chapeau et les femmes à pirouetter en talon haut. Le tango nous captive par la vibrante combinaison de virilite et de féminité qui accordent leurs pas dans une danse à la fois charnelle et mélodramatique. Au son de la contrebasse et de l’accordéon, les mains s’empoignent, les jambes se croisent, les dos se cambrent… ça semble très technique mais surtout d’une extrême sensualité. Avant de repartir dans le froid, nous prenons un chocolat chaud et une coupe de fraise chantilly sous la coupole du café Tortoni, tout près de la plaza de mayo ou se tient une fois par semaine le défilé des « folles de mai ».

Buenos Aires semble mort, les rues sont désertes, les petits commerçants et vendeurs ambulants quasiment inexistants, excepté sur l’Avenida Florida, l’artère commerciale de la ville. Il n’y pas vraiment de style architectural qui se dégage de la ville, l’on pourrait se croire dans une grande ville européenne. Tout comme l’était New-York, la ville était un grand port d’immigration particulièrement italienne et plusieurs quartiers en gardent leurs origines. Puerto Madero est loin de l’agitation des immigrants débarquant de bateau, le canal a été complètement réhabilité en une ribambelle de restaurants chics, par ci par là quelques grues, réminiscence d’un passé lointain. Cependant on y mange de très bon sushi. La Boca, l’un des faubourgs populaires de B.A, est connue pour ses façades colorées qui ne représentent en réalité que 2 bouts de rue, mais on peut se faire prendre en photo avec le dieu national du pays, Diego Maradona (ou son sosie). Le coin des antiquaires se trouvent plutôt à San Telmo et le coin des créateurs de mode vers Palermo. Les figures emblématiques de l’Argentine sont en dehors de Diego et de Che Guevara, l’incontournable danseur de tango Carlos Gardel et Eva Duarte Perón surnommée Evita qui a son propre musée avec photos, vidéos, robes, chaussures mais ou l’on n’apprend pas grand-chose sur son action politique, sa vie, sa mort. Du coup, pour compléter notre visite, nous nous rendons sur sa tombe au fameux cimetière de la Recoleta. Il s’agit d’une sorte de Père Lachaise argentin au style florentin avec d’énormes statues. Moi, si je devais tourner un film d’horreur avec des morts vivants qui surgissent des pierres tombales, je ne trouverais pas mieux. Le cimetière est assez petit mais c’est rempli de chapelles et de caveaux ou les cercueils s’empilent dans toutes les cavités et dépassent des murs. Heureusement qu’il fait beau sinon cela doit être encore plus lugubre et flippant. Nous ne sommes pas restés bien longtemps.

Les Portenos, habitants de B.A, prennent comme tout bon argentin, le temps de boire à la pipette un maté aux herbes, manger de la super viande voir une parillas (un mélange de viandes et d’abats sur grill) et un dessert à base de dulce de leche. La ville ne nous laisse pas une grande impression, le lieu le plus animé reste le terminal de bus qui ressemble à un aéroport avec son flux de départs et d’arrivées, les comptoirs des agences et les agents au sol. Des centaines de bus arrivent et partent du matin au soir à travers tout le pays et l’enregistrement des bagages puis l’embarquement se déroulent très très vite, aucuns bus ne restent à quai plus de 10 minutes. Nous reprenons la route de nuit, 16h de trajet avant d’atteindre le nord du pays. Puerto Iguazu est une petite ville agréable au climat tropical ou le cours du fleuve Paraná forme un Y pour marquer la frontière du Brésil d’une part et du Paraguay d’autre part. C’est aussi la ville étape du côté argentin pour se rendre aux cataractes dit les chutes d’Iguazu. Dès l’entrée du parc, un petit train écologique emmène les visiteurs tout près du site puis des sentiers traversent la végétation et la faune locale avant de s’approcher des chutes. Nous croisons en chemin une famille de coatis, des toucans et autres oiseaux. Dommage, la promenade en bateau est interdite car il y a trop d’eaux mais la promenade sur les passerelles offrent de superbes panoramas. Une passerelle mène au dessus de la gorge du diable mais il faut jouer un peu des coudes pour atteindre la rambarde. Non loin du parc national d’Iguazu se trouve le parc Guira Oga qui protège de nombreux rapaces et d’autres créatures.

Nous ne parcourons pas les chutes du côté brésilien, de Foz do Iguazu au Brésil nous demandons à un chauffeur de taxi de nous emmener à une banque puis au terminal de bus. Le brésilien est très mélodieux, très beau a écouter même si … nous ne comprenons rien. Peu d’entre eux parlent anglais, quelques uns devinent des mots en espagnol ou en français et un guichetier nous sort aimablement le dictionnaire pour signifier que le bus pourrait avoir du retard. Hormis une difficulté dans la communication, nous sommes surpris par le coût de la vie. C’est un pays bien plus cher que ce qu’on aurait cru, le prix d’un café, d’une bouteille d’eau ou d’un billet de bus revient au même qu’en Argentine et qu’en France. Nous arrivons juste à Sao Paulo au moment ou un avion s’écrase à l’aéroport national. Toutes les chaines de télévision retransmettent les images et s’accordent à dire que la cause du drame est une piste glissante en raison de la pluie. Nous partons le lendemain de l’aéroport international en direction de l’Afrique.

NB : Nous n’avons toujours pas la réponse à notre question (voir l’intitulé du post)