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Archive for October, 2006

Hampi

Tuesday, October 31st, 2006   

Record battu : 5 bus dans la même journée (Belur, Chikmagalur, Shimoga, Harihar, Hospet, Hampi). Nous faisons la connaissance d’un véritable businessman de 15 ans dénommé Kiran, qui nous entraine vers une petite pension tenue par sa famille. Hampi est un charmant petit village touristique dans un décor magnifique, jadis capitale de l’un des plus grands empires hindous, Vijayanagar. Le quartier du bazar comporte une multitude de maisons guest-house avec restaurant sur le toit pour manger, faire la sieste, discuter ou jouer aux cartes. L’ambiance est zen. Les heures s’écoulent tranquillement allongés sur les matelas-paillasses en buvant un thé gingembre, citron, miel ou un café (l’alcool est strictement interdit : citée sacrée).

Le site comporte un vaste ensemble de vestiges plantes au milieu de collines aux grosses roches roses et le long de la rivière. Les villageois du centre ville se sont installés dans les ruines environnantes, leur donnant ainsi une nouvelle vie. L’exploration du site est l’occasion de promenades à pied, à la tombée de la nuit, des ruines dispersées de Hemakuta hill vers le temple de Virupaksha ou de balades le long de la rivière et des ghats (marches ou paliers près d’un point d’eau). Certaines buttes permettent une vue d’ensemble sur les environs. On pourrait tourner un nouvel épisode d’Indiana Jones à la recherche du temple perdu, tellement Mantaga Hill donne un point de vue vertigineux et mystérieux sur l’ancienne cité déserte du temple d’Achyutaraya. La visite des édifices plus éloignés se fait à vélo, des chemins mènent presque facilement au secteur de la cité royale et au temple de Vittala (inscrit au patrimoine de l’humanité). Signification de Promenade en vélo : pédaler, pousser en cote, porter en haut de l’escalier et râler « c’est par où ? ».

Un autre jour, on traverse le fleuve en coracle, petite embarcation ronde étanchéifiée avec une sorte de goudron. De l’autre coté, tout semble d’apparence déserte… Du moins jusqu’au perron d’un temple. Une fois passé, on se retrouve au sein d’une fête de village, les hommes d’un coté les femmes de l’autre, les vieillards fument ensemble, les enfants jouent aux criquets ou s’amusent dans l’eau. Nous poursuivons notre chemin jusqu’au sommet du piton rocheux Anegondi Hill, où se dresse le temple d’Hanuman blanchi à la chaux. Ce site est également appelé temple des singes, après le tournage d’un film avec des singes, l’équipe les aurait laissé là-bas.

Durant 3 jours se tient le festival Vijaya Utsav, danses et musiques traditionnelles qui attirent beaucoup d’indiens. On ne s’attarde pas vraiment aux spectacles. La foule est composée à 99,9% d’hommes qui s’entassent pour voir quelque chose, les meilleurs places sont prises d’assaut sur le toit des maisons et ruines des alentours. Une averse est le spectacle d’un sauve qui peut comme on peut, totalement improvisé. La pluie propose souvent des scènes incroyables où tout le monde s’amuse de la situation.

Mysore, Belur

Saturday, October 28th, 2006   

Le Karnataka nous offre des paysages encore bien différents. Nous sommes dans la campagne indienne, les rizières jalonnent la route et les paysans sont dans les champs. Mysore est agréable pour une ville indienne. Les rues sont larges, le bruit est modéré, le climat n’est ni trop chaud, ni trop froid et l’on peut se promener tranquillement. Cette ville est réputée pour son bois de santal. Plusieurs stands proposent des huiles de citron, de rose, de santal, de jasmin, d’aloe Véra… Nous nous en sortons avec un flacon de water lily (huile à base de nénuphar efficace contre les moustiques) et un flacon d’huile de tigre (vicks vaporhume made in India). C’est toujours un plaisir de vagabonder dans les marchés. Les fruits et légumes sont méticuleusement alignés et les guirlandes de fleurs toujours présentes.

Nous montons à Chamundi Hill, une butte qui surplombe la ville surmontée d’un gopuram (tour portail). La ballade n’a rien d’extraordinaire, excepté le spectacle du jeté de noix de coco. Certains pélerins hindous brisent des noix de coco en signe de destruction des forces indésirables inhérentes à soi, au grand bonheur des petits et grands qui se battent pour les récupérer. Les enfants sont trempés par les éclaboussures de jus de coco. Le combat fait rage entre l’équipe des filles et celles des garçons. Le meilleur stratagème semble celui des garçons, les plus âgés attrapent, les passeurs récupèrent les morceaux et les plus jeunes gardent précieusement le trésor. Ensuite, le leader du groupe vend le butin ainsi amassé aux plus offrants.

Mysore était également le siège des maharadjas de la principauté. Le palais est gigantesque. L’intérieur est assez chargé en couleurs. J’aime les vitraux de la coupole et le sol en mosaïque, le reste est un brin too much à mon goût. Le palais est illuminé de 97 000 ampoules tous les dimanche, mais on préfère s’attarder à la terrasse d’un restaurant, tranquillement, en bonne compagnie.

La route pour Belur est encore une fois magnifique. On décide donc de se promener à l’écart de la ville, en suivant un petit chemin le long d’un cours d’eau. Les alentours offrent une très belle vue sur les rizières. Mais, la promenade va vite s’interrompre lorsque Denis, en tête, va découvrir la faune environnante : un énorme serpent d’1,50m de long. Entre une qui a peur des animaux et un qui a peur du vide, les aventuriers modernes ne sont plus ceux d’autrefois… Fin de l’escapade. Belur est d’ailleurs surtout connu pour le temple de Channekeshava, l’un des temples hoysala encore utilisé pour le culte.

Cochin

Monday, October 23rd, 2006   

Cochin ou le grand débat homme/femme sur le sens de l’orientation. Après le : “Si nous sommes au Nord, la prochaine à droite est donc West road”, mais que nous nous retrouvons en fait sur South road… (mais oui, Denis, c’est la faute de la montre mal réglée)

Il y a maintenant le :

Denis : “Vu que la voie ferrée est perpendiculaire à la station de bus, il faut prendre la première à droite pour être parallèle à…”
Claire : “Ok, ok, je te suis.”
Denis : “Première à droite, tiens elle n’est pas sur la carte.”
Denis : “Deuxième à droite, tiens elle n’est pas sur la carte non plus.”
Claire : “laisse moi voir, 2 sec”
Claire : “Tu te fous de moi ? C’est juste ici sur la carte, pas du tout par là.”

En conclusion, pour faire des détours avec un sac de 12 kg sur le dos, mieux vaut en effet suivre un homme. Au prochain épisode, nous prendrons peut être la direction de la grande ours… ahahha.

Cochin est une ville très sympa, paisible, voire moderne. Elle est bâtie sur un groupe d’îles dont celles de Fort Cochin et Mattancherry. Ce quartier est un mélange de bâtisses portugaises et hollandaises. Le bord de mer s’anime au rythme des criées avec pour fond de décor des carrelets de pêche chinois. Les pécheurs débarquent de leurs embarcations des paniers remplis de poissons et de fruits de mers. Les acheteurs se pressent autours de celui qui fait monter les enchères. Chaque vente ne dépassant pas quelques minutes, les lots sont vite vendus. Il est possible d’acheter directement aux poissonniers et d’apporter ensuite sa marchandise à un étal des alentours pour le cuire contre quelques roupies : «You buy, we cook». Un peu plus loin sur le bord de mer, on peut à nouveau se tremper les pieds dans la mer des Laquedives (Côte Malabar), en compagnie des familles musulmanes réunies pour la fête de Id al-Fitr (fin du Ramadan). Ce rassemblement est particulièrement convivial rempli de rires et de couleurs. Les femmes sont autant en noir qu’en vert, rose, jaune, etc… Les enfants s’en donnent à cœur joie dans l’eau et nous montrent les magnifiques dessins au henné sur leurs mains.

Fort cochin est un lieu idéal pour séjourner quelques jours et manger des pâtes… Barilla, mon amour ! On en profite également pour faire un peu d’intendance : c’est-à-dire lavage de vêtements.

D’ailleurs, une photos de Denis dans cette activité va être mise aux enchères, toute monnaie acceptée, bon repas aussi.

Bazaar road vers Jew Town est un voyage dans le temps et dans les épices. On s’attarde à imaginer ces vieilles bâtisses défraichies où l’on stockait les épices aux multiples odeurs en partance pour les soutes des navires vers l’Europe. Aujourd’hui encore, des marchands entassent des sacs entiers de Cumin, Cardamone, Poivre, Clous de girofle, Cannelle, Piment, Muscade, Anis… Belle promenade dans les parfums et senteurs indiennes.

Nous aurons peut être un souvenir d’une trentaine de kilos de Jew Town. Un vent de folie a soufflé : Denis est l’heureux propriétaire d’une sculpture murale en bois de près de 2 mètres de haut, et moi, acheteuse angoissée d’un Ganesh en bronze de 25 kg. Le colis est supposé arriver à Paris, inch Allah. Arnaque ou pas : réponse fin décembre… (milles excuses à la personne qui reçoit un mail et le colis pour sa futur déco durant notre absence).

Le Kerala donne une image de l’Inde plus douce et plus verte. Les backwaters sont devenus une activité incontournable. Il s’agit d’une promenade en bateau à travers les canaux et lacs. On passe le long des villages et des cocotiers. Dans cette région, les guirlandes de jasmin se font rares et le riz est bien plus gros.

L’une des formes artistiques traditionnelles est le Kathakali, une pièce contant une histoire. C’est un mélange de danses, de chants, de percussions. Le public assiste, une heure avant la représentation, à la séance obligatoire de maquillage. Les personnages portent des costumes et coiffures incroyables transformant complètement les acteurs. L’histoire est racontée avec les gestes des mains et les expressions faciales, le contenu m’a un peu échappé.

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Munnar

Friday, October 20th, 2006   

Comment faire pour se rendre à Munnar, soit 180 km ? Tout d’abord de Kodaikanal, prendre un bus vers 8h00 et chanter “je descends de la montagne”, ensuite, à la station routière de Batlagundu, croire que le bus pour Theni va arriver et espérer pouvoir monter à l’intérieur. L’une des solutions est de balancer un sac par la fenêtre pour réserver une place ou bien de se hisser pendant que d’autres descendent mais nous ne sommes pas encore en Inde depuis suffisamment longtemps pour adopter les coutumes locales. Par conséquent, le trajet se fera debout. Arrivée à Theni, un bus porte miraculeusement une inscription «Munnar» et, là, commence un “je remonte la montagne, en grand huit”. Pour simplifier: compter 3 bus et 8h de route… Le bus est une formidable occasion de découvrir les tubes et films indiens.

Munnar s’apprête comme le reste du pays a fêter Diwali (fête des lumières, l’une des grandes fêtes du calendrier hindou). Nous logeons dans une petite pension en haut de la colline avec vue à droite sur la mosquée, en face sur l’église et à gauche sur le temple. Nous entendons une messe catholique en début de soirée, les pétards et feux d’artifices hindous la nuit et l’appel à la prière musulmane à l’aube. Notre guide-chauffeur de rickshaw, nommé Babou, nous emmène à la découverte des montagnes environnantes (160km en deux jours), les forêts sentent bon l’eucalyptus et la cardamone. Les paysages sont incroyables. La moindre colline est une plantation de thé. Des montagnes entières donnent l’impression d’être tachetées en vert. Nous sommes entre les nuages, la brume et les plantations de thé. Cette petite ville d’altitude attire beaucoup de touristes indiens en cette période de jours fériés. C’est amusant à observer, ça ressemble a nos vieux films noirs et blancs sur les premiers congés payés, un petit pique-nique, un tour en barque, baignade des pieds dans les cascades. En ce qui me concerne, je préfère conduire le rickshaw de Babou, un guidon, un accélérateur et, surtout, le principal : le klaxon… Par contre, croiser des gros bus, j’aime pas trop.

A noter aussi, je n’aime pas devoir me lever a 4h30 du matin, partir dans la nuit et la brume pour une réserve naturelle, à plusieurs heures de route. En plus, qui a dit que l’on voit plus d’animaux tôt le matin ? Que nenni, pffff… Trekking d’une durée de 3h30 dans la brousse pour voir : un cerf, le cul d’une biche et la tête d’une biche (on dira donc une biche entière), des insectes rouges, des trucs qui font du bruit au loin, un singe à la tête noire, un écureuil géant. Mais au final, rien ne sert de marcher, tout est à l’entrée du parc, voire avant la barrière.

Madurai, KodaiKanal

Tuesday, October 17th, 2006   

La gare routière de Madurai se trouve à 7 km à l’extérieur de la ville. Des bus relient le centre ville (si l’on prend le bon, hum)…. On débarque avec nos sacs sur le dos en centre ville, une bonne averse est tombée quelques heures auparavant et nous finissons par trouver notre hôtel.

La visite de la ville commence par son marché. Nous pataugeons dans la boue à travers les allées de légumes. Les commerçants sont souriants et demandent à être pris en photo. L’un d’entre eux portant une charge bien lourde sur sa tête s’arrête même en plein effort et, à notre grande surprise, prend la pose. A l’étage, nous pataugeons toujours, mais entre les allées du marché aux fleurs. Je repars avec, en petit cadeau, une rose dans les cheveux et une fleur de lotus a la main. Les femmes hindoues se tressent toutes les cheveux en natte et y accrochent une guirlande de jasmin. Nombreux sont ceux qui réalisent ces guirlandes sur les trottoirs. Les fleurs sont également utilisées comme offrandes.

En fin d’après midi, nous franchissons la porte nord du temple de Sri Meenakshi. L’ensemble sacrée est vaste de 6 ha, les pèlerins sont nombreux et exécutent un certain nombre de rites et de prières. Chaque pilier comporte des statues de divinités et autres sculptures. Les statues sont souvent enduites d’huiles et de poudres jaunes, blanches ou rouges. Les piliers sont donc gras au toucher et sont signe d’une grande dévotion a la divinité représentée. On déambule dans une sorte de pénombre où règne une certaine ferveur religieuse.

La fin du voyage dans la région du Tamil Nadu s’achève par la ville de Kodaikanal, une station climatique dans les montagnes, où l’on peut manger du chocolat. Il fait frais, le temps est couvert et n’offre pas la possibilité de se perdre en randonnée. Demain, nous tournons le prochain épisode de Lost, ca promet d’être une journée palpitante…

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