La route pour Jaisalmer est une longue ligne droite au milieu de rien. Le désert à droite, le désert à gauche et des chameaux qui vont et viennent d’un coté à l’autre… La cité est construite en pierre de sable (Sandstone), ce qui lui donne un aspect particulièrement jaune miel sous les lueurs du soleil. Elle est aussi surnommée « Golden city ».
La ville était une ancienne forteresse, mais aussi une ville étape importante pour le commerce. Aujourd’hui, c’est devenu un arrière poste militaire et surtout un lieu privilégié pour le tourisme. Contrairement à Jodhpur, le fort reste encore habité. L’intérieur renferme le palais de Maharawal et un ensemble de temples Jains. Les rues sont peu nombreuses et se terminent souvent en impasses. La citadelle est bien plus belle et impressionnante vue de l’extérieure, entourée par les remparts. Le donjon de la première porte d’entrée a été transformé en restaurant italien « Little Italy », les anciennes meurtrières font office de fenêtres que de nombreux pigeons ont élus comme domicile.
Jaisalmer compte encore dans la vieille ville, au pied des remparts, quelques superbes anciennes maisons (Havelis) ayant appartenu à de riches négociants. L’une d’elles, Patwon-Ki-Haveli est très bien entretenue, les façades comportent plusieurs balcons minutieusement sculptés par des motifs géométriques ou floraux, les portes et volets en bois laissent imaginer le faste d’antan. On retrouve cette particularité architecturale au Rajasthan, les arcades tombantes au dessus des fenêtres.
Jaisalmer est l’occasion de découvrir le désert du Thar. Les treks à dos de chameaux (Camel safaris) vont d’une demi-journée à 15 jours. Pour une première expérience, nous décidons d’opter pour 2 jours et 1 nuit. On rassemble la troupe vers 6h15 du matin pour un départ en jeep jusqu’au camp de base a 60 km. La troupe se compose de 6 membres : Nigel (So british, dit aussi « captain »), Stefan (allemand), Alessandra (Italienne), Bilal (Kashmir vivant à Dehli), plus nous deux (froggies). Nous faisons connaissance également avec nos chameliers et, bien sûr, nos montures. Avec étonnement, nous constatons que le réseau télécom indien fonctionne dans le désert, ce qui donne à peu près un « Allo, t’es où ? », hum bonne question !!!
En tous cas, si l’on ne sait pas où l’on va, les chameaux eux semblent le savoir… Et puis de là haut, on n’a pas vraiment le choix. Chacun a sa personnalité, celui de Denis est le pépère de la bande, toujours à la traîne derrière (Ok, qui ferme la marche, si tu préfères) ce qui entraine inévitablement plusieurs galops pour rejoindre les autres… aïe ouille aïe aïe. Le mien est le parisien de la troupe, il fait des queues de poissons aux autres pour empêcher qu’on ne le dépasse et préfère choisir sa propre route. Nigel et son chapeau a le chef, Stefan le tranquille, Alessandra le goinfre. Quant à Bilal amateur de polo, son chameau lui aura fait découvrir une chevauchée fantastique de rodéo se concluant par un plongeon fracassant sur le sol.
Les chameaux sont également des animaux possessifs qui n’apprécient guère la concurrence. Ainsi, nous assistons à quelques scènes d’intimidation lorsque nous traversons le harem d’autres chameaux sous les yeux en cœur de mesdames chamelles. De plus, quand 6 chameaux se mettent tous autour du même arbre, voire dans l’arbre (avec nos têtes dans les branches), et que leurs gueules se frottent contre nos jambes, eh bien ce n’est pas rassurant… C’est le fou rire général mais personne ne fait le malin.
A ma grande surprise, vers 21h, une jeep arrive comprenant à son bord 7 musiciens et 2 danseuses (dont un travesti) plus un gâteau au chocolat et des boissons. Quelques villageois des alentours, au son de la musique, grimpent la dune et assistent avec nous tous, autour du feu, à la soirée spectacle. Nous nous endormons fraîchement sous notre édredon à la belle étoile. La nuit est claire sous la voute céleste, les étoiles filantes parsèment le ciel. Le retour à la ville est d’autant plus difficile que certaines personnes ici présentes ont mal aux fessiers (pour être polie).
