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Archive for December, 2006

Joyeux Noël à tous

Sunday, December 24th, 2006   

Pour ceux qui se demandent, Denis et Claire ne sont pas perdus. Loin de là ! Ils sont aux Maldives et, les pauvres, n’ont pas régulièrement d’accès à l’Internet.

Alors, pour les fêtes, souhaitons à tous les lecteurs de ce blog d’être aussi heureux que nos deux intrépides explorateurs !

Bikaner, Amristar

Friday, December 8th, 2006   

Nous nous essayons pour la première fois au car de nuit pour nous rendre à Bikaner. Le trajet mettant soi-disant de 10h. Mais lors de la réservation, le vendeur nous annonce une durée de 6h, soit une arrivée à 4h15 du matin. De plus, un indien nous réclame 20 ruppees par personne pour la soute à bagages, applicable uniquement pour les étrangers. Et puis quoi encore… Celui-là ne devait pas encore connaitre la réputation des français… Je retire mon sac et râle, râle, en français, en anglais, en langage des signes. Bref, ça se finira à 5 rupees (10 cts d’euros), si c’est pas ridicule !!! On pourrait penser, “il a essayé, il n’a pas réussit” ; mais non, il était vraiment mauvais. Du coup, j’ai prévenu tous les autres touristes qui finiront par payer le même tarif, et moi j’ai flippé pour mon sac durant tout le voyage glacial.

Bref, arrivée à Bikaner, on secoue les grilles d’un hôtel et dodo au chaud. Terminé le car de nuit, on va essayer le train pour aller a Amritsar. Tout d’abord, se rendre à la gare ferroviaire, puis remplir le formulaire (pas si simple) : Nom, Prénom, Age, Numéro du train, Gare de départ, Gare d’arrivée, Date, ensuite faire la queue. Première solution, train bondé, nous sommes 31èmes sur la liste d’attente. Deuxième solution, prendre le train pour je ne sais plus où qui arrive à 01h00 puis un autre à 02h00. Sachant que les trains ont une moyenne de 2h de retard, mieux vaut ne pas compter sur cette correspondance. Oh fontaine, ma belle fontaine, nous voila à réserver un car de nuit pour le soir même…. Au moins, nous ne restons qu’une journée dans cette ville poussiéreuse, ce qui nous évite, oh grand malheur, de visiter le fameux, extraordinaire, merveilleux, temple des rats… Brrr, Des rats partout !!! Du coup, dépités, nous nous rabattons sur le fort Junagarh et la vieille ville que nous ne trouvâmes jamais.

Bus de nuit, le retour. Après quelques prières bouddhistes et sikhs, nous débarquons à Ludhiana vers 7h du matin. A peine le temps de trouver la station de bus et nous voila repartis en bus local (nos préférés) pour Amritsar. Ce qu’on croyait savoir mais qu’on ne saura jamais, c’est où ce bus allait. Après 2h de route, le bus s’arrête au milieu de nulle part et on nous demande de descendre rapidement. Un indien attrape mon sac, traverse la route et le jette dans un autre bus, qui part dans le sens inverse… bon bah bêtement, nous, on suit le sac. Finalement, nous sommes bien arrivés à destination dans les temps.

La ville sacrée sikhs d’Amritsar est la plus grande ville du Punjab (ce qui a donné le nom à la tenue indienne féminine le Punjabi soit la tunique et le pantalon). Le temple d’or trône au milieu d’un gigantesque bassin où les gens peuvent s’y purifier en côtoyant les carpes, probablement sacrées. Une passerelle (Guru’s bridge) offre l’accès régulé au temple. Ce pont grouille de turbans sikhs multicolores munis d’une sorte de pate marron servant d’obole. Les plus jeunes, quant à eux, portent une autre coiffe pour s’attacher les cheveux (Voir photos). En 1984, l’armée indienne attaqua le temple où s’était retranché l’armée fondamentaliste sikhs, n’arrivant pas à les déloger, ils utilisèrent les tanks et détruisirent un bâtiment, tuant les fondamentalistes ainsi que 2 000 pèlerins. En représailles directes à cet évènement, le garde du corps sikh d’Indira Gandhi l’assassina.

Jaisalmer

Thursday, December 7th, 2006   

La route pour Jaisalmer est une longue ligne droite au milieu de rien. Le désert à droite, le désert à gauche et des chameaux qui vont et viennent d’un coté à l’autre… La cité est construite en pierre de sable (Sandstone), ce qui lui donne un aspect particulièrement jaune miel sous les lueurs du soleil. Elle est aussi surnommée « Golden city ».

La ville était une ancienne forteresse, mais aussi une ville étape importante pour le commerce. Aujourd’hui, c’est devenu un arrière poste militaire et surtout un lieu privilégié pour le tourisme. Contrairement à Jodhpur, le fort reste encore habité. L’intérieur renferme le palais de Maharawal et un ensemble de temples Jains. Les rues sont peu nombreuses et se terminent souvent en impasses. La citadelle est bien plus belle et impressionnante vue de l’extérieure, entourée par les remparts. Le donjon de la première porte d’entrée a été transformé en restaurant italien « Little Italy », les anciennes meurtrières font office de fenêtres que de nombreux pigeons ont élus comme domicile.

Jaisalmer compte encore dans la vieille ville, au pied des remparts, quelques superbes anciennes maisons (Havelis) ayant appartenu à de riches négociants. L’une d’elles, Patwon-Ki-Haveli est très bien entretenue, les façades comportent plusieurs balcons minutieusement sculptés par des motifs géométriques ou floraux, les portes et volets en bois laissent imaginer le faste d’antan. On retrouve cette particularité architecturale au Rajasthan, les arcades tombantes au dessus des fenêtres.

Jaisalmer est l’occasion de découvrir le désert du Thar. Les treks à dos de chameaux (Camel safaris) vont d’une demi-journée à 15 jours. Pour une première expérience, nous décidons d’opter pour 2 jours et 1 nuit. On rassemble la troupe vers 6h15 du matin pour un départ en jeep jusqu’au camp de base a 60 km. La troupe se compose de 6 membres : Nigel (So british, dit aussi « captain »), Stefan (allemand), Alessandra (Italienne), Bilal (Kashmir vivant à Dehli), plus nous deux (froggies). Nous faisons connaissance également avec nos chameliers et, bien sûr, nos montures. Avec étonnement, nous constatons que le réseau télécom indien fonctionne dans le désert, ce qui donne à peu près un « Allo, t’es où ? », hum bonne question !!!

En tous cas, si l’on ne sait pas où l’on va, les chameaux eux semblent le savoir… Et puis de là haut, on n’a pas vraiment le choix. Chacun a sa personnalité, celui de Denis est le pépère de la bande, toujours à la traîne derrière (Ok, qui ferme la marche, si tu préfères) ce qui entraine inévitablement plusieurs galops pour rejoindre les autres… aïe ouille aïe aïe. Le mien est le parisien de la troupe, il fait des queues de poissons aux autres pour empêcher qu’on ne le dépasse et préfère choisir sa propre route. Nigel et son chapeau a le chef, Stefan le tranquille, Alessandra le goinfre. Quant à Bilal amateur de polo, son chameau lui aura fait découvrir une chevauchée fantastique de rodéo se concluant par un plongeon fracassant sur le sol.

Les chameaux sont également des animaux possessifs qui n’apprécient guère la concurrence. Ainsi, nous assistons à quelques scènes d’intimidation lorsque nous traversons le harem d’autres chameaux sous les yeux en cœur de mesdames chamelles. De plus, quand 6 chameaux se mettent tous autour du même arbre, voire dans l’arbre (avec nos têtes dans les branches), et que leurs gueules se frottent contre nos jambes, eh bien ce n’est pas rassurant… C’est le fou rire général mais personne ne fait le malin.

A ma grande surprise, vers 21h, une jeep arrive comprenant à son bord 7 musiciens et 2 danseuses (dont un travesti) plus un gâteau au chocolat et des boissons. Quelques villageois des alentours, au son de la musique, grimpent la dune et assistent avec nous tous, autour du feu, à la soirée spectacle. Nous nous endormons fraîchement sous notre édredon à la belle étoile. La nuit est claire sous la voute céleste, les étoiles filantes parsèment le ciel. Le retour à la ville est d’autant plus difficile que certaines personnes ici présentes ont mal aux fessiers (pour être polie).

Aie aieouille ouille