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Archive for February, 2007

Mingalaba

Saturday, February 17th, 2007   

Une petite halte à Bangkok s’impose le temps d’obtenir nos visas pour le Myanmar (Birmanie). Apres avoir laissé nos affaires, nous investissons l’appartement d’Anne-Marie. On apprécie le fait de ne pas dormir à l’hôtel, de faire son café soi même sans le demander, d’aller faire des courses (saucissons, mousse au chocolat… à carrefour), de manger un délicieux riz gluant avec du lait de coco accompagné d’une mangue fraîche sur le balcon. Bangkok devient synonyme de shopping et du rituel restaurant japonais Zen (notre cantine du midi). Nos seules visites « culturelles » sont le quartier chinois où nous nous sommes égarés dans un dédale de bouiboui land et Wat pho où notre objectif était l’école de massage thaï bien plus que la visite du temple. Après 4 jours d’intenses activités, nous partons pour la 2ème année consécutive au Myanmar. Le pays est plus vaste que la France, la Suisse et la Belgique réunis.

Oh surprise, l’aéroport de Rangoon est flambant neuf, les meubles sont encore sous emballage. Rien à voir avec l’aéroport minable de l’année dernière, le tourisme de masse est lancé ! C’est un plaisir de retrouver les visages et sourires birmans. Les élégantes se maquillent subtilement de tanakha, d’autres s’en barbouillent le visage alors que d’autres encore se dessinent des cercles et des stries sur les joues. Le tanakha est une écorce d’arbre réduit en pâte/crème servant de produit de beauté et de protection solaire. Les hommes quant à eux n’ont pas encore adoptés la mode occidentale, le pantalon est encore réservé aux officiels même s’il se popularise. Le longyi est la tenue de tous, il s’agit d’un tube de tissu long qui s’attache sur les hanches en faisant un nœud plus ou moins complexe, sur le coté pour les dames, sur le devant pour les messieurs. On y cale son portefeuille et parfois même une bouteille de whisky !

Nous commençons par acheter un billet retour pour notre prochaine étape : la Malaisie. Puis après 12h de trajet, nous arrivons tôt le matin à Mandalay, ville vantée par Kipling, mais devenue avec le temps et la guerre, une ville absolument sans charme (on pourrait se croire à Chandigarh !).

Comment acheter un billet de train à la gare ? Prendre un guichet au hasard, donner la destination et s’entendre dire à chaque fois « à coté » jusqu’à recevoir l’invitation de passer derrière. En fait, chaque destination a un guichet mais absolument tout est écrit en birman (alphabet de forme arrondie). Une fois à l’intérieur, tout devient plus simple et l’affaire est bouclée en quelques minutes, nous partons le lendemain matin pour le Nord, la capitale de l’état kachin, Myiatkyina (durée 19h).  Le trajet en train qui peut paraître long est agréable. Le paysage défile lentement, le train passe près des temples de Sagaing, traverse un gigantesque lac seulement coupé en son milieu par la voie de chemin de fer et fait d’innombrables haltes pittoresques pour charger, décharger, approvisionner les voyageurs.

Au petit matin, nous arrivons à destination, trouvons un hôtel et par chance un taxi collectif nous propose d’aller sur le site que l’on souhaitait voir pour 2 000 Kyats (moins de 2$). Myit Son est le point de confluence entre Mehka et Malihka créant ainsi le fameux Irrawaddy, c’est aussi un endroit connu par les petits chercheurs de jade. Le lendemain matin, on tente de prendre un bus pour Bhamo mais trop tard, celui-ci est déjà parti. On négocie donc les services d’un chauffeur que l’on doit payer d’avance pour lui permettre de passer par le garage avant de prendre la route. Bref, il effectue le parallélisme au mètre et à l’œil, change une roue et, après 1h, nous voilà partis. La route est jolie, les plaines et rizières font place à des vallées de plus en plus sauvages avec des rivières, des collines verdoyantes et de nombreuses plantations d’agrumes. Les maisons de l’état Kachin ont la particularité de porter une croix blanche chrétienne sur la façade. On s’arrête en route pour déjeuner, acheter des oranges, des pommes mais aussi aux multiples check-points de passeport. Pour la petite histoire, un officiel nous réclame une photocopie de nos passeports, bien sûr nous n’en avons pas et lui n’a pas de photocopieuse… après maintes palabres sans se comprendre, il nous laisse passer. Il faut dire que cette route vient à peine d’être ouverte aux étrangers.

On dirait le nord

Wednesday, February 7th, 2007   

C’est un plaisir de découvrir Luang Prabang. La ville est assez jolie avec ses nombreux temples aux colonnes dorées et aux Nagas sculptés (serpent mythique, symbole de l’eau) ainsi que ses anciennes bâtisses coloniales d’influence française. Les habitants ont gardés au moins 2 choses bien de chez nous : la baguette et la pétanque. En attendant le touriste, les joueurs de boules se font nombreux, le temps s’écoule ainsi tranquillement le long du Mékong. Plusieurs restaurants pour toutes les bourses sont imprégnés d’un certain charme cosy, romantique…Mais notre coeur penche du coté d’une petite ruelle qui s’éveille tous les soirs à la tombée de la nuit. L’ambiance est à la bonne franquette dans cette allée encombrée de tables et d’étals regorgeant ici et là de poissons, poulets, saucisses grillés. Les marchands grillent leurs produits grâce à une sorte de brochette qui pince les aliments entre 2 tiges de bambous. Quelques étals plus loin, certains vendent des assiettes de légumes, de riz, de soupes, d’autres la boisson, etc… Quand le menu est complet, il ne reste qu’à chercher une place disponible parmi les nombreuses tables et se goinfrer tout en trinquant avec ses voisins.

Après s’être bien rempli la panse, c’est l’heure du shopping ! La rue principale devient piétonne pour la soirée. Les marchandes et leurs calculatrices s’alignent munies d’articles pour touristes souvent identiques. Chaque réveil est une joie renouvelée car nous attend un succulent petit déjeuner sur les rives du Mékong. On se régale avec d’énormes salades de fruits, papaye, mangue, ananas, banane, orange, fruit du dragon, pomme, et un autre truc ?? accompagnés d’un bon jus de fruit frais au choix et de tartines grillées + œufs au choix ou d’un gros sandwich baguette poulet crudités a manger de suite en cas de grosse faim ou a emporter en doggie bag pour plus tard.

Luang prabang étant la seule ville ou les touristes ne sont pas autorisés à louer de moto, nous sommes contraints d’aller aux chutes d’eau de Kouang Si en mini van pour 3USD A/R par personnes. Les courageux n’hésitent pas a louer un vélo pour 1USD afin d’effectuer les 35km (aller), l’idée de nous y rendre en vélo à traverser notre esprit, mais vraiment juste traversé. Après aperçu de l’état de la route, nous sommes bien content de notre décision (en toute certitude, nous n’aurions jamais atteints notre but). Le site de Kouang Si est magnifique, les chutes forment une série de cascades et de bassins aux eaux turquoise entremêlées dans la forêt environnante. On peut pique-niquer et se baigner dans plusieurs bassins si l’on ne craint pas trop la fraîcheur.

Au Laos, la monnaie locale est le Kip. 1 USD = 9 600 KIP donc autant dire que nous dépensons des millions de KIP. En échange de 210 EUR, Denis détient dans sa poche droite 1 millions, dans sa poche gauche 1 millions et me laisse presque ½ millions… et le tout en grosse coupure soit : 10 000 KIP. Bref, Il faut des grosses poches pour contenir les liasses de billet (c’est dur d’être riche) … Nous sommes millionnaires (snif, pour une courte durée).

Après plusieurs jours, nous décidons de nous rendre encore plus au nord du Laos. Le bus de nuit est programmé pour un départ à 18h soit une arrivée à 4h du matin à Luang Namtha. Après hésitation, on se lance dans ce périple persuadés que nous n’arriverons jamais à l’heure prévue. Effectivement, nous sommes juste a l’heure mais pour le café de 8h. La région se découvre une fois de plus en motobike, nous faisons l’aller retour jusqu’à Muang Sing traversant en route différents petits villages ethniques. Une fois sur place, l’unique rappel aux minorités nord laotienne du triangle d’or sont les « mamies » Akhas qui vendent 2,3 babioles aux touristes. Denis devient un as des sentiers et ponts en bambous aussi large que la moto. Nous rejoignons une dernière fois le Mékong à Houayxai après de longues heures de pistes poussiéreuses parmi un paysage désolé conséquence d’un déboisement massif. Nous quittons le Laos non sans une certaine émotion mais bien décidés à revenir lors d’un prochain voyage. Le passage de la frontière thaïlandaise n’est vraiment qu’une formalité. On saute d’un bateau, à un pick up, à un bus pour Chiang Rai, en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. On profite juste de l’evening market de Chiang Rai où de nombreux stands proposent à manger et à boire avant de nous envoler le lendemain matin pour Bangkok.

Sabaydee

Wednesday, February 7th, 2007   

3h du matin à l’aéroport de Bangkok et tous les magasins et restaurants sont ouverts. On passe le temps, au Starbuck café et à l’agence de la Thaï Airways, avant de prendre la direction du QG des backpackers « routards », Kao San road. Bangkok n’est sans doute pas ce qu’on attend lorsqu’on arrive d’Europe mais pour nous… C’est un peu comme revenir en monde connu. On fait des courses au centre commercial Paragon, Siam center, MBK, on mange non pas thaï mais japonais, on s’occupe de se refaire une beauté au coiffeur et on achète nos places dans le car de nuit pour Vientiane dès le lendemain soir. Nous repartons léger, merci Anne-Marie de nous garder quelqueS kiloS, c’est bonheur !

Après quelques mois de voyage, on éprouve quelques difficultés à savoir l’heure et le jour où nous sommes. Exemple, tiens la poste de Vientiane est fermée, bah oui c’est dimanche. Et lundi aussi ! Bah oui c’est le premier janvier. La capitale du Laos, Vientiane ressemble à une petite ville de province. C’est très calme alors, en cette période, autant dire désert. Nous décidons de passer le jour de l’an à Thakhek, dans le centre du Laos. Si Vientiane est mort, et bien, Thakhek c’est encore pire… Nous nous posons dans une petite guesthouse qui s’avère bien agréable avec son jardin et son restaurant (quasiment le seul de la ville). Nous réussissons à louer la motobike d’un local au bord du Mékong pour 2 jours. Dès le lendemain matin, nous partons sur notre monture explorer les cavernes et les montagnes karstiques de la région. Il nous aura fallu quelques heures, détours ou/et raccourcis, pour trouver le premier site « Buddha cave » puis, au petit bonheur la chance, les autres curiosités des environs. A savoir, l’accueil est chaleureux et souriant mais mieux vaut ne pas demander son chemin… Très peu parlent anglais et peu connaissent les vrais chemins. Les enfants nous montrent leur savoir faire en matière de pétard artisanal et de toupie locale. Le lance pierre accroché autour du cou ou en bandeau sur le front est l’outil indispensable de tous les petits garçons laotiens. Pour bien finir la journée à thakhek, rien ne vaut une petite pause Beer Lao sur les rives du Mékong enflammées par d’envoûtant coucher du soleil.

Il n’est pas rare de voyager en bus avec comme passager voisin une motobike soit dans l’allée soit sur le toit. On peut transporter tout ce qu’on veut, même des canards, mais une chose est sure, on sait approximativement l’heure de départ mais jamais l’heure d’arrivée. Ouf, le Jumbo (taxi collectif) arrive à la poste de Vientiane juste avant sa fermeture et juste avant que je l’étrangle. Il faut dire que l’on attend avec impatience notre colis de « mère noël ». Régalade le soir même avec foie gras, saumon, toast et petit sauternes. Le reste sera notre trésor pour la suite du voyage. A 6h, au son du réveil, nous décidons de changer notre planning, histoire de dormir 2h de plus et, accessoirement, de faire moins de route. Au lieu de nous rendre directement à Luang Prabang, nous faisons escale à Vang Vieng. A notre surprise, nous découvrons que Vang Vieng est constitué d’une rue bordée de bars à touristes et de guesthouses. Bien que que de nombreux touristes restent allongés dans les bars en regardant Friends et autres sitcom, la ville est située dans un superbe décor naturel de montagnes karstiques et de rivières. C’est ici que je reçois ma première blessure de guerre, désormais je peux dire « moi aussi, j’ai fait l’Indochine »… En effet louer une moto c’est bien ! Mais le pot d’échappement ça brûle ! Nous faisons connaissance avec 4 petites laotiennes adorables, à n’en pas douter, 3 futurs starlettes et 1 apprentie photographe. Elles s’organisent un concours de pauses, de mimiques à n’en plus pouvoir les arrêter. Nous roulons ensuite jusqu’à Tham Pha Thao pour voir la grotte et profiter de la fraîcheur de la rivière pour se baigner. En rentrant, nous nous égarons tranquillement dans la campagne laotienne jusqu’à ce que le réservoir d’essence nous rappelle à l’ordre. Mais non pas le coup de la panne, il y a toujours des stations essences locales, c’est-à-dire un villageois avec quelques bouteilles plastiques contenant tous les types de carburant.

Le lendemain, on s’essaye au sport de l’extrême : le Tubing. Le Tubing consiste en une chambre a air de camion (gonflée, bien sur) posée en amont d’une rivière, la Nam Xong. Le sportif s’assoie dessus, le cul dans l’eau et se laisse porter par le courant. Astuce ou outil du sportif : des Tongs ou sandales placées sur les mains améliorent grandement les manoeuvres. Les check-points permettent de se ravitailler en Beer lao et de tester tous les différents types de jumping (trapèzes, tyroliennes, plongeoirs). La durée de la descente est fonction du professionnalisme du sportif. Les novices, nous, avons mis 4h alors que les professionnels de la Beer lao en mettent 6 (s’ils arrivent !). Une fois de plus, on se délecte des couchers du soleil en savourant une salade de papaye qui comme la tradition le veut à Bussy comme ici, arrache la gorge et brule la langue. 2 piments, c’est encore trop ! Le Laos n’en finit pas de nous charmer avec ses rires, sourires et Sabaydee (phonétiquement Bonjour). Ainsi une fillette d’à peine 3 ans avec des drôles de couettes déclenche l’éclat de rires général de sa famille et du notre en se jetant au milieu du chemin pour nous crier un spontané « Sabaydee ».

Merci, Denis !

Sunday, February 4th, 2007   

Lecteurs réguliers de ce blog, vous vous rappelez sûrement d’un “vent de folie” qui souffla, fin octobre, à Cochin… Je vous propose d’aller relire cet épisode pour mieux savourer ce qui s’est passé vendredi, quand ce vent est parvenu, enfin, à Paris.

Les colis sont parvenus en France il y a déjà quelques semaines, dans notre beau pays méticuleusement et scrupuleusement administratif. Alors, pour pouvoir passer la douane, il a fallu passer par un certain nombre d’intermédiaires, transportant, stockant, mesurant, remplissant des papiers, les tamponnant et je ne sais quoi d’autre. Chacun prélevant, bien sûr, sa dime au passage… Je ne serai pas autrement surpris qu’il y en ai pour plus cher de transport que de biens…

Et le grand jour arriva, en ce premier février qui se présentait, heureusement, comme une journée radieuse. La livraison fut faite dans la rue, à charge de l’amusé destinataire d’en faire ensuite ce que bon lui semble… Commode… Il était content, Piloo, avec ses deux énormes caisses dans sa petite rue:

Merci, Denis !

Dans la ‘petite’ caisse, on doit pouvoir trouver une statue à tête d’éléphant, et dans la grande, une sculpture murale de ‘presque’ 2m de haut. Et la question qui s’impose très vite, quand on se retrouve dans la peau de l’heureux réceptionnaire, c’est “comment téléporter tout cela au deuxième étage ?”. J’arrive aussi vite que possible, après l’appel à la rescousse qui s’ensuit…

Petite vérifications de départ, oui, les caisses passent par les portes d’entrée mais, non, le panneau de presque 2m ne rentre pas dans l’ascenseur. Il était du mauvais coté du presque de bien cinquante centimètre… Mais ce n’est pas tout : c’est une sculpture murale en bois tout à fait massif. Le Ganesh, en comparaison, est léger…

S’ensuit un épisode de “à la 3: 1… 2… Attend !” répétés, dans un escalier aussi large qu’il le peut (c’est à dire, pas très) où le colis passe tout juste, et nous force à utiliser aussi bien nos muscles démesurés que nos cerveaux habiles pour et soulever l’engin et le maneuvrer de manière judicieuse. Crénom, combien ce panneau pèse-t-il ? Presque trop !

Sherpas au sommet

En fin de compte, en moins d’une demi-heure, le plus dur était fait : le panneau était arrivé… Un peu comme on atteint un sommet : souffle court, jambes légères mais satisfaction énorme !

Le Ganesh fut une formalité, il tenait dans l’ascenseur, et arrivé en haut, il a suffit d’utiliser le paillasson sous la caisse pour qu’il glisse à volonté… Enfin, mieux vaut être deux pour pousser, quand même : c’est surtout par rapport au panneau de bois qu’on le trouve léger !

Petits colis

Ensuite, il a fallu trouver une place pour chaque objet. La hauteur du panneau de bois posait le problème des maneuvres : impossible de le faire tourner pour l’amener dans une autre pièce. Heureusement, il a trouvé sa place près de l’entrée sans trop encombrer.

Table de chevet

La caisse du Ganesh, elle, est dans la chambre, comme ça, à chaque réveil, Piloo pourra penser “Merci, Denis !“.