Une nuit de repos à Kuala Lumpur, un petit tour à la piscine, un passage à la fontaine au chocolat et nous voila prêt a partir pour L’Indonésie, destination Java et la ville de Solo (Surakarta). Comme nous n’avons rien réservé comme hébergement, on demande à la seule blanche de l’avion, le nom de son hôtel. C’est ainsi que l’on rencontre cette charmante blonde danoise en compagnie d’un artiste d’origine indonésienne qui s’occupe d’une Losmen (guest house), d’une galerie d’art, et d’un restaurant a Yogyakarta (Yogya).
Nous décidons donc de partager un taxi, grosso modo 8 euro pour 60 km et de nous installer dans une belle chambre climatisée dont les peintures évoquent les tableaux de Dali. Yogya est une ville animée entre le mode de vie à l’occidentale et l’islam modéré. Nous commençons par le Mc Donald mais on reste dans le classique, ici les menus s’accompagnent de riz, œufs brouillés, soupe et poulet. D’ailleurs le Mc delivery (vente à domicile) est un véritable succès…
Sinon, on peut toujours se restaurer aux warungs, des petits restaurants avec des bancs autours d’une table a même le trottoir ou le menu est indiqué sur les bâches ou bien il suffit d’arrêter un kakis Limas « 5 jambes », sortes d’échoppes ambulantes ou les soupes de nouilles et mie goreng sont maintenus au chaud sur des braises. D’ailleurs les sachets de soupes de nouilles instantanées occupent 2 rayons à Carrefour !
Il existe aussi tous types de transports, voitures, motos, camion sans aucune carrosserie sans portes sans toit, sans rien … mais aussi des calèches jaunes et mes préférés les cyclo pousses dit becak avec leurs peintures de paysages ou de publicités sur les gardes boues, le conducteur s’assois sur sa selle haut perchée tandis que les passagers prennent place devant.

Notre visite principale est bien sur Borobodur. Nous partons vers 5h pour voir se lever le soleil, il fait déjà très très chaud … Sur la route, les roses du ciel entourent le volcan Merapi tandis que le vert s’empare des rizières. Nous avons la chance d’être quasiment les seuls sur le site. Borobodur est le plus grand bâtiment bouddhique au monde. Il se trouve à quelques kilomètres de l’océan, quelques kilomètres du volcan Merapi et au centre d’un jardin voir d’une jungle équatoriale. Il s’agit d’une pyramide basse composée de 9 étages différents, avec 5 km de bas relief dont 1,5 km orné de près de 500 statues de Bouddha. J’aurais voulue prendre tous les bas reliefs en photos pour une reconstitution mais je n’ai pas suffisamment de cartes mémoires, dommage ! En plus des étudiantes musulmanes me font la conversation … et blablabla et blablabla.
Borobodur serait un « mandala de pierres », c’est-à-dire destiné à favoriser l’ascension spirituelle, le croyant en gravissant les différents étages se débarrasse de ses obstacles personnels jusqu’à l’élévation ultime, le stupa central, le nirvana. Un programme digne des meilleures psychanalyses.
- la sphère des désirs (6 terrasses carres)
- la sphère des apparences (3 terrasses circulaires)
- la sphère du vide, du rien… Du nirvana.
Chaque stupas est percés d’une série de petites ouvertures en forme de losanges et abritent une statue de bouddha dont la position des mains varie d’un stupa à l’autre selon son orientation. A l’Est : main droite dirigée vers la terre (il prend la terre à témoin), à l’Ouest : mains jointes (il médite), au Sud : main sur le genou (signe de charité), au Nord : main en avant (il éloigne la peur).
Borobodur donne l’impression d’un bloc massif construit tout en finesse. Sa restauration est un bel exemple d’ingéniosité. En effet, bâtit avant nos cathédrales et les sites d’Angkor puis laissé à l’abandon durant des siècles, il a été entièrement démonté et remonté de toutes pièces par ses restaurateurs tel un puzzle géant en 3D.
A quelques kilomètres de là, pour rivaliser avec les bâtisseurs bouddhistes et la dynastie de Borobodur, les hindouistes construisirent Prambanam soit le plus grand temple hindou d’Indonésie. Il s’agit de tours en forme d’épis de mais, en pierres basaltiques, dressées vers le ciel (tel le mont Meru en Inde). Malheureusement nous n’avons pas vu les statues à l’intérieur celles représentant Brahma, Vishnu, Ganesh, Shiva, car l’entrée des tours est interdite au public en raison de l’instabilité des édifices, conséquence des derniers tremblements de terres.
Nous poursuivons ensuite notre route pour le volcan Bromo (2 392 m) situé dans un cratère bien plus grand, la caldeira. Notre idée est de contempler le lever du soleil en haut du cratère, So romantique pour la st-valentin ! Ca a l’air très simple, il suffit de suivre les pierres blanches, une petite marche facile d’1h …. Personne ne peut se perdre !
On se lève donc à 3h30 du matin et nous voila partis sous les étoiles avec nos lampes torches à la main, à la recherche des pierres blanches et du mont Bromo. On croise de nombreuses jeeps de touristes qui se dirigent vers LE view-point, MEGA touristique (ouf, on ne voulait pas y aller).
On commence alors par suivre ce qui ressemble à un chemin, puis je crois voir une forme qui bouge venir vers nous, là, 2 hommes à cheval et en cagoules arrivent de nul part dans le noir et nous disent « non, non c’est dans l’autre sens ». La rencontre complètement surréaliste !! Demi-tour, on repart dans le sens inverse, toujours à la recherche des fameuses pierres blanches, mais Que Nenni …. Aucunes pierres. Bref, on devine enfin un mont. Il devrait soit disant avoir un escalier mais on ne le voit pas. Le soleil ne va pas tarder à se lever, on grimpe. Les guides disent qu’il s’agit d’une montée accessible à tous, ah ah la bonne blague. Je m’efforce tant bien que mal de ne pas glisser et de suivre Denis. Il est tout de même presque 4h30 du matin, stop, on s’arrête.
Et oui, nous sommes trop forts. Nous nous sommes trompes de volcan. Heureusement que celui-ci est éteint ! Nous n’étions pas bien loin, juste à côté. On a bien rie de notre connerie quand nous nous sommes dit « le Bromo, c’est pas celui qui fume à côté ». Mais tout compte fait, nous ne sommes pas si mal, une vue inédite rien que pour nous. On peut voir à la fois le lever du soleil, le Bromo et le Semeru qui pète toutes les 10 minutes.
Vers 6h30, nous gravissons les escaliers du vrai Bromo cette fois ci, puis nous marchons le long de sa crête (petite randonnée de 45 min). On profite du paysage et on retourne se coucher. Petite précision: même en plein jour… y a pas de pierres blanches.